Sept parlementaires LR et PS vont se rendre en Syrie, mais aussi au Liban et en Irak

Sept parlementaires LR et PS vont se rendre de samedi à jeudi prochain, avec le collectif « Chrétiens d’Orient en danger » (CHREDO), au Liban, en Irak et également en Syrie, une étape que le Quai d’Orsay avait demandé d’abandonner, a-t-on appris jeudi de sources concordantes.

Dans l’ensemble, « le projet est conforme aux objectifs de la diplomatie française », mais concernant la Syrie, le ministère des Affaires étrangères « ne peut, en aucun cas, apporter son soutien à cette étape du voyage qui fera inévitablement l’objet d’une récupération politique de la part du régime de Damas », selon un courrier envoyé fin mars au CHREDO, dont l’AFP a eu copie.

Le cabinet de Jean-Marc Ayrault a demandé, dans cette lettre, de « renoncer » à cette partie du déplacement.

La délégation a prévu, sur une journée en Syrie, de rencontrer des dignitaires religieux.

Quelques rencontres avec des officiels sont aussi possibles, mais pas avec Bachar Al-Assad ni des responsables de l’appareil militaro-sécuritaire, selon l’un des élus devant participer au voyage.

Le CHREDO a organisé cette « mission d’étude et d’évaluation de la situation des Chrétiens d’Orient et du risque de leur disparition sur les terres qu’ils occupent depuis deux millénaires », selon un communiqué de son président Patrick Karam, également vice-président (LR) du conseil régional d’Île-de-France.

Une trentaine de personnes doivent participer au total à ce voyage, dont également des religieux, des représentants d’ONG et des parlementaires européens.

Parmi les parlementaires français figurent les députés Gérard Bapt (PS), président du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale, Guillaume Chevrollier, Yves Fromion et Jean-Marie Tétart (tous trois LR), ainsi que les sénateurs Bernard Cazeau (PS) et Bernard Fournier (LR). Le député socialiste François Pupponi doit se joindre à une partie du voyage, selon un participant.

M. Bapt a fait valoir à l’AFP sa « motivation humaine à l’égard de ces communautés persécutées » et sa « motivation politique » en faveur des « droits des minorités ». Alors que le nombre de visas accordés par la France à des Irakiens a chuté début 2016, une visite est prévue dans un camp de réfugiés à Erbil, capitale du Kurdistan irakien.

Chaque parlementaire paie son voyage, selon lui.

M. Bapt, qui s’est rendu à plusieurs reprises en Syrie ces dernières années comme d’autres parlementaires, malgré des réprobations en haut lieu, a informé le groupe socialiste de l’Assemblée de ce nouveau déplacement qu’il voit comme un moyen de préparer « la transition politique ». Samedi, il est convié par François Hollande à un dîner à l’occasion de la visite du chef de l’Etat au Liban, à la résidence de l’ambassadeur de France.

Les députés LR n’ont pas informé leur président de groupe, mais Christian Jacob a précisé à l’AFP « ne pas être choqué » par l’initiative car « c’est bien que des parlementaires entretiennent des liens ».

Source : AFP, 14.04.2016

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