L’ONU va envoyer une mission en Irak pour enquêter sur les crimes de l’Armée islamique

Le 19 août dernier la Coordination CHREDO, par son conseil Maître Samia Maktouf, avocate au Barreau de Paris et auprès de la Cour Pénale Internationale (CPI), avait saisi le président du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU ainsi que la Haute Commissaire aux Droits de l’Homme de l’ONU pour la tenue d’une session spéciale consacrée aux atteintes aux Droits de l’Homme contre les minorités Yazidies et chrétiennes en Irak.

Une session spéciale demandée par l’Irak et soutenue par la France, vient de se tenir ce lundi 1er septembre à Genève. La CHREDO se félicite de la décision de l’ONU d’envoyer une mission en Irak pour enquêter sur les crimes de l’Armée Islamique. Cette demande avait été exprimé par la CHREDO à M. Emmanuel Bonne, Conseiller du Président de la République pour le Moyen-Orient et les Nations Unies, lors de la réunion de travail du 12 août dernier qui s’est tenue à l’Elysée.

Communiqué de l’AFP – 01 septembre 2014
Genève – Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a décidé lundi à l’unanimité d’envoyer une mission pour enquêter sur les atrocités commises par les jihadistes de l’Etat islamique (EI) en Irak afin de lutter contre leur impunité.

Une résolution en ce sens, demandée par Bagdad et Paris, a été adoptée à l’unanimité par les 47 Etats membres du Conseil, lors d’une réunion extraordinaire sur les atrocités commises par l’Etat islamique.

Nous sommes face à un monstre terroriste, a déclaré le ministre irakien des droits de l’homme, Mohammed Shia al-Sudani.

Les actes de l’EI constituent une menace non seulement pour l’Irak mais aussi pour la région et le monde, a-t-il ajouté, parlant d’un danger imminent pour tous les pays.

Les rapports que nous avons reçus révèlent des actes à une échelle d’inhumanité qui est inimaginable, a affirmé de son côté Flavia Pansieri, Haut-Commissaire adjointe de l’ONU aux droits de l’homme, citant des assassinats ciblés, des conversions forcées, des enlèvements, de l’esclavage, de la torture et la persécution systématique pour des raisons religieuses et ethniques.

Depuis le 9 juin, des insurgés sunnites menés par les jihadistes ultra-radicaux de l’EI se sont emparés de larges pans de territoires en Irak, multipliant les exactions et poussant à la fuite des centaines de milliers d’habitants.

Selon l’ONU, qui dénonce des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et un nettoyage ethnique et religieux, les chrétiens, les Yazidis, les Shabaks, les Turcomans, les Kaka’e et les Sabéens figurent parmi ceux qui sont directement ciblés.

Dans ce contexte, divers groupes suivent intentionnellement des actions qui sont contraires au droit humanitaire et international pour des motifs ethniques et religieux. C’est un crime contre l’humanité, a conclu Mme Pansieri, dénonçant aussi les exécutions perpétrées par les forces de sécurité irakiennes et les milices anti-EI.

De son côté, l’ONG UN Watch a regretté que les enquêteurs n’auront pas pour mission d’enquêter sur les crimes du gouvernement irakien.

– Onze enquêteurs sur place dans quelques semaines –

La résolution adoptée par le Conseil exhorte toutes les parties à respecter le droit international, à protéger les civils et à répondre à leurs besoins, en offrant aux travailleurs humanitaires un accès sûr aux populations affectées.

Elle demande au Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme d’envoyer d’urgence une mission en Irak pour enquêter sur les allégations de violations et abus des droits de l’Homme commis par l’EI et les groupes terroristes qui lui sont associés afin de lutter contre leur impunité.

L’ONU espère que ses onze enquêteurs pourront être sur le terrain d’ici quelques semaines, a précisé un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville. Ils devront recueillir des preuves en vue d’éventuelles poursuites en justice devant un tribunal, comme la Cour pénale internationale (CPI), a-t-il précisé. Les enquêteurs devront faire part de l’avancée de leurs travaux dès la prochaine session régulière du Conseil (8 au 26 septembre), et présenter un rapport écrit lors de la 28e session du Conseil, en février/mars 2015.

Tous les États doivent s’unir contre cette menace, a souligné le représentant iranien auprès de l’ONU à Genève, Mohsen Naziri Asl, tandis que le représentant russe, Alexey Borodavkin, a relevé que son pays allait continuer de donner à l’Irak des armements modernes.

Plus d’1,8 million de personnes ont été déplacées par les violences en Irak cette année, selon l’ONU.
Sur le plan diplomatique, le président français François Hollande a récemment proposé de réunir une conférence internationale à Paris sur la sécurité en Irak et la lutte contre l’EI, qui a proclamé fin juin un califat sur les régions qu’il contrôle en Syrie et en Irak.

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