Le pape relativise le terrorisme par des comparaisons absurdes

Le président de la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) et élu LR au conseil régional d’Ile-de-France, Patrick Karam, lance une lourde charge contre le pape François dans « le Figaro » de ce 2 août. La comparaison entre « violence islamique » et « violence catholique » opérée par le pape deux jours plus tôt ne passe pas.

« Non-sens total », « comparaisons absurdes »… C’est peu dire que les propos du pape François sur les attentats perpétrés au nom de l’islam ont choqué Patrick Karam, président de la Coordination des chrétiens d’Orient en danger (CHREDO) et vice-président LR du conseil régional d’Ile-de-France. Le Figaro – qui, au vu de l’édito d’Yves Thréard ce 2 août, a été tout aussi choqué – lui donne la parole ce mardi. La charge est lourde.

De retour de Pologne deux jours plus tôt, le pape a estimé qu’il n’était « pas juste d’identifier l’islam avec la violence ». Jusque-là, pas de problème pour Patrick Karam. Puis il a opéré une comparaison entre « violence islamique » et « violence catholique », se lançant dans cette réflexion :

« Je n’aime pas parler de violence islamique, parce qu’en feuilletant les journaux je vois tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés, hein ! Ce sont des catholiques violents.

Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique. Non, les musulmans ne sont pas tous violents, les catholiques ne sont pas tous violents. C’est comme dans la macédoine, il y a de tout… Il y a des violents de cette religion… Une chose est vraie : je crois qu’il y a presque toujours dans toutes les religions un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons. »

Patrick Karam s’en étouffe encore, jugeant que le pape est en pleine « dictature du relativisme » : « Comment peut-on mettre sur le même plan des organisations terroristes, un système qui autorise et encourage tous les reniements de droits de l’homme, avec des dérapages individuels ? »

Le président du CHREDO fustige ce « non-sens total » en ces termes :

« Mettre sur le même plan les « violences » islamistes systématiques, voulues et assumées, qui visent à établir un système de gouvernement totalitariste, qui justifient terreur, massacre, persécution, terrorisme à grande échelle avec des violences individuelles commises sous le coup de la folie amoureuse ou de la vengeance personnelle comme, pour reprendre les exemples du pape, le meurtre d’une fiancée ou d’une belle-mère, est un non-sens total. »

Patrick Karam juge par ailleurs bien trop euphémique l’utilisation du seul mot « violence », au regard des « crimes contre l’humanité et du génocide » qui sont commis « notamment contre les populations chrétiennes et yazidies ». S’ensuit une référence au nazisme : « Le pape aurait-il parlé de simples violences pour décrire le nazisme et le génocide des juifs ? »

Au final, l’accusant de se planter sur toute la ligne, et même de « stigmatiser tous les musulmans en étant incapable de séparer le bon grain de l’ivraie », Patrick Karam conclut : « Le pape relativise le terrorisme par des comparaisons absurdes. »

Source : Magazine Marianne, 02/08/2016

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