« L’appel de Paris » initié par CHREDO mobilise des responsables musulmans de France

Suite à l’initiative de Patrick Karam, Président de la Coordination des Chrétiens d’Orient en Danger CHREDO, pour la signature de « l’Appel de Paris » avec le recteur de la Grande Mosquée de Paris, des responsables musulmans de France se sont mobilisés pour condamner Daech, groupe de l’État Islamique en Irak. La CHREDO s’en félicite.

Appel unitaire des musulmans de France contre l’EI

Les fédérations et responsables de mosquées français ont lancé mardi de manière unitaire un « appel des musulmans de France » contre le groupe État islamique (EI), réclamant une enquête sur ses soutiens et l’origine de ses
moyens.

« Nous condamnons fermement les exactions commises par l’organisation Daech » (acronyme en arabe de l’Etat islamique) « à l’encontre des civils en Irak et en Syrie parmi les chrétiens, les Yézidis, les Kurdes, les
Turcomans, les musulmans chiites ou sunnites, les humanitaires, les journalistes », écrivent-ils.

Reprenant une demande du gouvernement français de ne plus appeler ce groupe « État islamique », ils soulignent qu’en dépit de son appellation usurpée, il « n’a rien ni d’État ni d’islamique ». Leur texte est de portée
plus large que « l’appel de Paris » signé la semaine dernière, qui marquait une solidarité en particulier avec les chrétiens d’Orient, et il est surtout plus unitaire.

Il a été validé par dix grandes institutions dont les deux groupements de mosquées de sensibilité marocaine (RMF et UMF), la fédération de la Grande mosquée de Paris (liée à l’Algérie), les Turcs du CCMTF, mais aussi l’UOIF
(proche des Frères musulmans) et l’association Foi et Pratique (courant littéraliste Tabligh).

La très grande majorité des 2 300 à 3 000 lieux de culte de la première communauté musulmane d’Europe (3,5 à 5 millions de croyants) y est donc représentée. « Face à l’ampleur des crimes commis par Daech et l’importance des moyens matériels dont elle dispose, nous appelons la communauté internationale à diligenter une enquête afin que
soient déterminés les responsabilités des soutiens de cette organisation terroriste ainsi que l’origine de ses moyens », écrivent les signataires.

Ils « réitèrent » leur « appel aux jeunes musulmans de France qui seraient tentés d’aller combattre aux côtés de ces terroristes, de prendre conscience de l’ampleur de la gravité des crimes dont ils pourraient se rendre complices, ainsi que de la lourde responsabilité, devant Dieu et devant l’humanité, d’une telle complicité ». Les dix institutions demandent enfin « aux musulmans de France d’apporter leur aide aux exilés, notamment à ceux présents en France » et « d’élever des prières, tous les vendredis, pour le repos des âmes de toutes les victimes » du groupe État islamique.

Source : AFP- 16/09/2014

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